Le jour de mon mariage, ma mère a eu la bonne idée de mettre des chaussures rouges… ce fut un scandale pour ma belle-grand-maman ! Le rouge est réservé aux Cardinaux ! La couleur du sang du Christ, enfin Chantal !!! Cela m’a beaucoup amusé ! Donc pour ceux qui l’ignoraient, pas de rouge à l’église…

Certains diront d’ailleurs que c’est la couleur de l’incarnation, de l’énergie vitale. Parce que lorsque le néophyte quitte le blanc pour partir à la découverte de lui-même, il est tout de suite happé par le rouge. C’est le début de l’apprentissage, la base. Et pour commencer, le néophyte se sent seul et perdu. Il aurait besoin d’aide et d’une bonne carapace. Il part donc à la recherche d’une mère qui saura lui apprendre les codes du monde dans lequel il s’est retrouvé parachuté. Car il sent que pour grandir, il a besoin d’une base solide.

La première étape du néophyte dans le rouge va être de demander de l’aide pour obtenir le minimum vital en ce monde. Et d’apprendre comment on vit. C’est le démarrage à zéro. C’est une étape capitale, quel que soit l’apprentissage, le néophyte a besoin de se sentir rempli pour être en sécurité. La connaissance vient à lui sans qu’il la demande encore…

Jusqu’au jour où il découvre que le monde est vaste. Il prend alors conscience qu’il ne peut pas se passer de cette aide et en même temps une force vitale le pousse à aller vers la vie et il décide de vivre ce concret qui l’entoure avec délectation. Alors il expérimente et découvre le fragile équilibre entre danger et sécurité.

Dans cette découverte, il devient de plus en plus autonome, fait preuve de courage et tente de s’assumer pour vivre. Lui vient alors le goût de l’effort. Plus il engage d’effort, plus il a d’énergie. Et bien qu’il devienne autonome, il prend conscience qu’il a besoin de quelqu’un sur qui compter. Il découvre que l’union fait la force ! mais oui ! Ses besoins vitaux commencent à être satisfaits, il va découvrir la satisfaction de la sécurité. Il peut même à son tour soutenir quelqu’un et lui apprendre le B-A-BA.

Arrivé dans la plénitude de ce rouge, il pose ses valises, ses acquis. Il est satisfait de lui-même et recueille les premiers fruits de ses efforts. Il est autonome, les pieds bien ancrés dans le sol et profite tranquillement du travail accompli. Et alors c’est tout ?

Le rouge nous apprend à nous ancrer dans le concret. Le rouge aspire à se reposer sur une base solide et donc met tout en place pour arriver à ses fins. Après le blanc précurseur, le rouge nous guide dans la découverte profonde de notre incarnation et dans son acceptation. Oui nous sommes incarnés, oui il y a des lois à respecter pour survivre avant de vivre. Et le respect de cette idée-là est indispensable pour continuer le chemin.

Alors le rouge nous met dans la position la plus fragile possible pour que nous sentions dans notre corps la nécessité de faire un effort pour retrouver la sécurité. C’est la vie qui nous offre notre première leçon, un cadeau inestimable. La sécurité. Et quand nous ressentons cette sécurité, puis que nous comprenons comment l’atteindre par nous-même, alors nous atteignons une satisfaction totale.

Dans sa maturité totale, le rouge apprend à son tour que pour enseigner la base aux autres, il lui faudra à un moment les laisser s’envoler de leurs propres ailes. Il peut être tenté de les retenir, ou de ne plus transmettre son savoir, en restant attaché au passé. Il peut être tenté aussi de se reposer sur ses acquis et de ne pas vouloir continuer à évoluer, pourtant il ne connait que la base, et le monde est si vaste…

Et que la Lumière nous accompagne pas à pas !