Certains jours, je me réveille de mauvaise humeur, je ne supporte rien et surtout, surtout je suis en colère ! une colère qui me bloque et m’empêche de faire quoi que ce soit de positif. Et ces jours là, je sais très bien que si je ne m’occupe pas de cette colère, je vais me faire avoir et tourner en boucle pendant des heures dans un état d’esprit qui ne m’amènera rien de bon. Alors dès que je peux, je me pose, je prends mon cahier et j’écris. Ce matin je suis emplie de colère, face à un comportement qui m’insupporte et j’ai besoin d’exprimer mon ressenti pour comprendre ce qu’il a à me dire. Je me suis trouvée soudain face à cette partie de moi qui croit que tout lui est dû, mais que je ne laisse pas s’exprimer, parce qu’elle n’a pas le droit de vivre. Ces mots très durs sortent :

« C’est mal, ça mène à la faillite, à la souffrance, tu n’es rien, juste de la merde, reste dans ta merde tu ne t’élèveras pas plus haut que ça. Quelqu’un comme toi ne mérite pas ça. Reste dans ta crasse, pourrie, écrasée, sous terre. Là est ta place. Pauvre moisissure de la vie, dégénérescence, putréfaction. C’est ce que tu es. Tu ne peux pas sortir de ta condition, tu resteras merde, enfermée dans ton trou sous terre, c’est ta place, tu n’as pas droit au soleil »

Quelque chose en moi a envie de crier PARDON ! Je ne pleure même pas. je ne mérite même pas cette émotion là. Je ne peux pas imaginer sortir de cette grotte, et en même temps si je regarde dehors, je n’y vois que désolation, comme si j‘étais responsable du désastre qui se déroule sous mes yeux, alors que j’étais enfermée dans cette grotte.  Qu’ai-je fait pour en arriver là ?

– Ton intention pure de départ était de sauver le monde…

– Je le vois comme une toute petite lumière au deuxième chakra entourée de sombre, gardée là contre vents et marées pour ne surtout pas oublier ce qui m’a poussé à faire tout ça. Vivre l’expérience pour comprendre et apprendre à aimer sans juger. Il fallait que je le vive pour y arriver. Mais maintenant, comment vais-je faire pour en sortir ? Comment me reconnecter à celle qui mérite ? Je pense que c’est accepter l’aide pour celle qui ne mérite pas. L’aimer elle aussi, même si elle ne mérite pas. Je me vois entrer dans la grotte et aller à sa rencontre. Elle s’adresse à moi :

– Écris, je vais te raconter une histoire.

« C’est l’histoire d’une jeune fille qui croit qu’elle est belle. Elle s’illumine chaque matin au lever du soleil parce qu’elle pense que le soleil lui offre sa beauté. Mais un matin gris, elle se fane car le soleil est caché derrière les nuages. Plus de soleil, plus de beauté. Que peut-elle faire ? Elle ne voit pas les magnifiques couleurs que le gris du ciel fait ressortir sur son visage. Elle ne voit pas la belle tristesse de ses traits, juste le manque d’éclat par la perte du soleil. Elle refuse le changement de point de vue. Voir le côté de l’ombre nous offre une autre perspective et rend la vie bien plus belle encore. Crois-tu qu’elle disparaisse ? Non, elle souffre, c’est tout. Et emmurée dans cette souffrance, elle ne voit pas quand le soleil revient car elle a peur de ne plus autant briller : elle a été ternie par l’ombre. Ainsi sa vie s’enfuit et s’enchaîne dans la tristesse et le regret, enfermée dans la grotte sombre qu’elle s’est créé.

Un jour, une étoile apparaît pourtant dans son ciel. Elle brille plus que les autres et attire son regard. Sa Lumière est douce par rapport au soleil, elle fait moins peur, on a moins peur de la perdre. Elle semble plus accessible. Oui, mais peut-elle se l’autoriser ? Peut-elle s’autoriser à briller à nouveau, même juste un peu comme cette étoile ? Alors elle regarde l’étoile et tous les jours demande : « Etoile, inspire-moi s’il te plaît ? » Elle ne reconnaît pas le soleil qui s’est juste éloigné pour lui faire moins peur. Elle doute encore de pouvoir briller tout simplement. Naît en elle une envie de se laver, de se purifier, alors elle crée des rituels, des protocoles qui la feront se sentir plus pure, plus apte à recevoir la lumière de l’étoile. Elle s’y jette à cœur perdu, pour enfin mériter le soleil, ou au moins l’étoile, la Lumière à laquelle elle aspire. Mais a-t-elle besoin de cela en vérité ? A-t-elle cessé de mériter un seul instant ? Ou n’a-t-elle juste pas vu la beauté de l’ombre ?

Relevez-vous mes amis, sortez de vos grottes où vous avez enfermé vos années, vos siècles. Vous méritez la Lumière, elle est toujours là, en vous, révélée soit par le soleil, soit par l’ombre des nuages, mais toujours aussi belle. Accueillez cette beauté pour ce qu’elle est : VOUS. La Lumière, le soleil, les nuages ne sont que le pâle reflet de votre Être Infini. Si vous le désirez, la grotte elle-même n’existe plus et elle fait place à la luxuriance de la vie. »

Ce petit message est pour t’accompagner dans ton cheminement, celle qui ne mérite pas a toujours mérité en réalité.

 

Ce matin j’ai eu besoin de mettre des mots sur ma colère pour reconnaître mon besoin de mériter, et finalement, découvrir cette beauté qui est toujours en moi. Cela m’a fait mal, oui, mais qu’est-ce que c’est bon au final de me reconnecter avec tout ce que je suis, même imparfaitement ! J’ai des défauts, oui je suis Ombre. J’ai des qualités, aussi, je suis Lumière. Est-ce que je reflète cette beauté dans le monde? A chaque instant. Puis-je m’accepter telle quelle ? Oui, ni plus, ni moins. 

Ces moments que je prends pour me connecter à ce qui m’étouffe ou me perturbe sont souvent douloureux. Je ne les aime pas, c’est vrai, même parfois je les repousse, préférant rester dans la colère ou la douleur. Pourtant, reconnaître ce qui me mets en colère  me donne accès à plus d’abondance, plus de connexion, plus d’amour de ce que je suis, de qui je suis. et ça, ça m’éclate ! C’est jouissif, vraiment ! Et finalement, l’acte d’amour dans tout cela, c’est juste de s’écouter. J’arrête de vouloir sauver le monde et je m’occupe de moi ! Ainsi j’ouvre l’accès à la Lumière de la grotte. Ensuite elle pourra rayonner sur le monde. 

Et vous, qu’est-ce qui vous met en colère ?

Et que la Lumière nous illumine pas à pas !