Il existe plusieurs écoles de musicothérapie avec des principes différents pour chacune.

Quand j’ai commencé à m’intéresser à cette discipline, au début des années 90, il y avait 4 grands courants, liés à 4 personnes : Alfred Tomatis, Marie-Louise Aucher, Edith Lecourt et Jean-Marie Guiraud-Caladou. Comme je cherchais à me former, j’ai essayé de comprendre les spécificités de chacun.

Monsieur Tomatis a fait un travail extraordinaire de découverte sur l’interaction entre l’audition et la voix. Je sais sa méthode efficace dans bien des domaines, notamment pour ce qui est de l’apprentissage des langues étrangères, mais les connexions psychologiques qu’il proposait ne me satisfaisaient pas ! il ne parlait que de Mozart ou de chant Grégorien et je ne comprenais pas pourquoi se limiter ainsi. Sans doute cela convenait-il à ce qu’il cherchait à produire, mais je me sentais limitée dans cette façon d’aborder les choses.

 

Marie-Louise Aucher, musicienne et cantatrice, a découvert des correspondances vibratoires entre le son et le corps humain. Elle a créé la psychophonie, qu’elle décrit comme suit : « La Psychophonie est une démarche auto-expérimentale d’harmonie physique et psychique qui utilise à la faveur de la voix parlée et chantée, les correspondances entre l’Homme, les Sons, les Rythmes, et le Verbe. » Sa méthode est vraiment passionnante ! Le hic pour moi est qu’elle nécessitait une certaine maîtrise de la voix que j’étais loin d’avoir !

Mes recherches se sont donc tournées vers la « partie psychologique » de la musicothérapie, et le travail de Mme Lecourt et de Monsieur Guiraud-Caladou.

Madame Edith Lecourt, spécialiste de la thérapie de groupe, entre autres, présentait à cette époque la musicothérapie d’une manière qui ne me convenait pas. Elle proposait un travail psycho-thérapeutique en associant une œuvre- de musique classique- à une action thérapeutique. En tous les cas c’est ce que j’ai compris de ses brochures et livres à l’époque. Cela ne me convenait pas, comparé à l’approche de son confrère Jean-Marie Guiraud-Caladou (JMGC).

Celui-ci en effet avait une approche qui tenait compte du patient. Pour commencer, il proposait deux types d’action en musicothérapie :

  • La musicothérapie active : là il s’agit pour le patient d’extérioriser directement avec des instruments simples, de manière libre ou dirigée dans un cadre défini, souvent en groupe.
  • La musicothérapie réceptive : il s’agit de faire écouter en séquences particulières des morceaux de musique à un ou plusieurs patients pour les amener à ressentir une émotion particulière dans le but de les aider à extérioriser ce qu’ils ont en eux.

Les particularités de la musicothérapie réceptive telle que la proposait JMGC, me semblaient essentielles ! Il s’agit de ces 3 notions :

  • Le choix des morceaux doit se faire en fonction des goûts musicaux du patient. Avez-vous déjà essayé de faire écouter de la musique classique à une personne déjà fermée et qui n’écoute que de la musique punk ? C’est plutôt compliqué et vous risquez juste de vous faire envoyer balader ! L’idée est donc de prendre le patient là où il se trouve dans son écoute musicale. Peut-être pourrez -vous un jour lui  faire écouter autre chose, mais rien n’est moins sûr !

  • Ensuite le choix des morceaux doit dépendre de l’état émotionnel du patient. Par exemple faire écouter un morceau joyeux à une personne en pleine dépression est un non-sens, le saut est beaucoup trop grand entre son état et l’émotion que véhicule la musique. D’ailleurs, essayez de penser à vous, quand vous êtes triste, quel type de musique avez-vous envie d’écouter ? Moi personnellement, les musiques trop « punchy » me blessent et j’aime plutôt écouter des musiques mélancoliques. L’idée cette fois est de prendre le patient là où il se trouve dans son état intérieur pour l’aider à extérioriser cet état, à mettre ses maux en mots.
  • Enfin proposer un cheminement à travers la musique pour sortir le patient de son état. Cela se fait en plusieurs séances évidemment, où le thérapeute par sa proposition musicale va amener son patient à vivre d’autres émotions que celles dans lesquelles il s’est enfermé. Pour reprendre l’idée de la tristesse, le travail du musicothérapeute va être de proposer des musiques d’abord tristes, puis de moins en moins tristes, et pour finir de plus en plus sereines. L’idée étant toujours d’amener la verbalisation. Il est évident que je simplifie ce cheminement pour l’article ! Le thérapeute s’adapte à chaque séance à ce que son patient est en mesure d’écouter par rapport à son cheminement.


J’ai découvert plus tard, qu’il existait une autre manière d’utiliser la musique et les sons comme moyen de thérapie, en se basant sur les connaissances millénaires de la médecine traditionnelle chinoise. Il s’agit d’agir à l’aide des vibrations de diapasons sur les points d’acupuncture, ou encore d’utiliser la vibration sonore particulière d’un instrument pour faire réagir le corps et ses énergies, mais ce sera l’objet d’un prochain article !

En attendant, ce que j’ai retenu de mes études de musicothérapie et que chacun peut mettre en pratique, c’est qu’on peut grâce à la musique se sortir d’émotions dérangeantes, pour peu qu’on s’y prenne bien.

Je vous suggère de réfléchir à des playlists que vous pourriez vous préparer pour vos coups de blues, coups de mous, vos crises de nerfs, ou autres états émotionnels. Prévoyez une heure de musique minimum avec une progression lente de l’état émotionnel. N’essayez pas de passer d’un état à son contraire, de la tristesse à la joie par exemple, mais de la tristesse à un état plus « neutre » de sérénité. L’idée est de revenir à une sensation d’équilibre intérieur.

A une époque, j’ai remarqué par exemple que lorsque j’étais énervée ou en colère, j’avais tendance à écouter un album de Diam’s, « S.O.S. ». Ce qu’il y avait de magique pour moi avec cet album, c’est que le côté rap m’aidait à sortir ma colère et en même temps le sens de certaines paroles finissait par m’apaiser ! par contre si je suis déjà apaisée, je ne supporte pas de l’écouter! Dans un autre genre, j’ai toujours associé la chanson « c’était l’hiver » de Francis Cabrel à une profonde tristesse. Et dans un genre plus serein, les morceaux de Allan Stivell dans « Renaissance de la Harpe Celtique » m’apaisent systématiquement.

Faire une playlist demande du temps, c’est sûr, mais si vous aimez la musique, profitez-en pour ressortir vos vieux cd, pour extraire de vos ordinateurs des chansons oubliées, n’hésitez pas à varier les styles, faites-vous plaisirs, mais surtout, surtout, n’utilisez que des chansons, des œuvres qui vous parlent. Quand vous écoutez de la musique, soyez attentif à ce qu’elle provoque en vous comme sentiment, et enregistrez là dans la playlist correspondante. Quand vous aurez un certain nombre de titres enregistrés, vous pourrez commencer à les classer pour que l’ordre des musiques vous amène à l’état recherché. Vous avez le temps, ne cherchez pas à faire ce style de playlist en une fois. Et laissez-vous guider par votre intuition !

Soyez créatifs !


Que la Lumière nous accompagne pas à pas !

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